Le mot de l'architecte
24-09-2007

La structure du tissu urbain de cette zone du 6e arrondissement de Marseille est comparable aux tissus de la plupart des communes, les années s'y sont succédé, laissant une trace entremêlée définissant un certain nombre de zones autonomes aux caractéristiques propres.
Ce quartier, qui est issu de l'extension des rues Paradis vers le quartier de «Coronet» (1848) et de la rue Breteuil vers le quartier de «Pierolaris» (1840) s'est d'abord construit sur des grandes propriétés alors existantes : propriété Falque, propriété Coronet ou propriété Fortune. Son organisation finale date de 1966 lorsque la rue Breteuil fut étendue jusqu'au boulevard Gaston Crémieux après avoir percé la barrière rocheuse existante. Son tissu urbain est toutefois structuré par des bâtiments du début du 20e siècle et marqué ponctuellement par certains autres des années 1960.

Le projet propose donc les grandes orientations suivantes :

  • Reconstruction du collège sur la rue du docteur Escat avec un retour sur la rue Breteuil. L'important linéaire de bâtiments créé intégrant l'ancienne façade du collège dans sa partie la plus noble puisque très représentative de l'architecture scolaire du début du 20e post Jules Ferry, ses modénatures, ses rythmes et son ornementation en briques conférant à l'ensemble de ce bâtiment une très forte urbanité. Ce point de repère pour le quartier a donc été maintenu et liaisonné au reste des façades avec une mise en valeur réciproque des éléments proposés grâce à l'opposition obtenue entre architecture contemporaine et façade conservée.

  • Un plan Masse aéré permettant une accroche fine aux cotes de niveaux existantes grâce à une composition qui identifie clairement chaque bâtiment construit à une plateforme unique et donc au nivellement de l'îlot en séparant clairement les flux.

  • Pour les écoles maternelles et primaires, les accès contrôlables par les passages existants depuis la rue Jean Fiolle puis des parvis piétons d'accès aux établissements depuis les portails d'entrée assurent ce principe. De même, un accès principal au collège sur la rue du docteur Escat avec un pré-parvis extérieur couvert et des accès livraison - parking clairement séparés permettant ici encore de distinguer clairement les flux. De même, l'accès au parking public rue Paradis éloigne totalement les risques éventuels.

  • Une insertion dans le site qui tient compte à la fois de la perspective «publique» et du repère urbain que représente la composition sur la rue du docteur Escat tout en assurant la liaison visuelle et la «couture» avec la ville à l'intérieur de l'îlot. Pour cet intérieur de la composition, l‘échelle joue là encore un rôle considérable. Ici, la notion de place, de rue de petite échelle, qui ont fait leurs preuves en tant que zone de communication typique dans le temps, sont reprises.
     L'attention portée aux percées visuelles et aux communications en rez-de-chaussée contribuant ici encore à cet effort d'insertion tout en donnant vie aux espaces extérieurs créés.